Le groove house de Black Jersey

Composé de Clarks (Romain) & Jared (Nicolas), le duo Black Jersey excelle à délivrer une vibe House puissante, ténébreuse et énergique. Depuis deux ans, le duo alterne entre night clubs bordelais comme l’underground Redgate ou la Dame, autres festivals comme le fameux Garorock ou le Little Festival d’Hossegor, et de nombreuses résidences sur la côte Atlantique.

Musicalement influencés par une large partie de la Bass Music, de la Drum & Bass à la Deep House, Black Jersey explore la house avec une allure urbaine délibérément plus sombre et plus intense. Mais ce qui fait la force de Black Jersey, c’est son méchant groove. Chaque track renoue avec l’énergie de la basse, entre syncopes et contretemps. Parfois proche de la fidget House, on sent une présence Rave ou du moins Uk Garage qui démontre une certaine influence anglaise. On retrouve également de nombreux éléments G House dans les productions des Black Jersey, notamment avec la présence de hook vocaux rap et une deep bass caractéristique qui vous embarque directement dans la vibe de leur musique, agrémentée du groove des synthés inquiétants.

Dynamique, complémentaire, le duo peut s’arguer d’avoir été productif ces deux dernières années. Avec la réalisation de 15 titres deep-house, future house, bass-house et G-House, Black Jersey respire l’énergie House Music de long en large. De plus, ces créations permettent au groupe de se retrouver muni d’une armada de tracks à lâcher en mix.

 

Titres & Réalisations

  • Black Seeds & Pôle Dance label Casa Rossa (2 février 2015)
  • Was A Game & Haunted Boy label Casa Rossa (18 juin 2015)
  • Big Time Player (feat Jibfiz) ; Rolling; Drink Shot ; TBBT X Badjockes Ft. Dubskie – GAT (Black Jersey Remix) ; Epidemic ; Guess Who’s Back label Gold Digger (2016)
  • Ryan Blyth – Take My Money (Black Jersey Remix); Burned Speakers  label Sleaze G (2016)
  • In The Club (feat Blak Trash) label Premier on Move it!
  • Redneck ; Back to Basic label On Planes (21 janvier 2017)

 

 

Interview

Après quelques échanges et différentes rencontres, Profil Bass a proposé une invitation aux Black Jersey pour en savoir plus sur leur(s) parcour(s) et leur vision de la musique. Entre deux programmations du groupe, nous avons pu discuter ensemble et le Duo Black Jersey nous a réservé la surprise d’un exclusif mix !

Vous avez fait bonne route ?

Nicolas : ouais ça va ça va, sans encombres, on est arrivés à Mimizan.

Romain: Et puis là on est sur la terrasse du bar où on joue et voilà !

Simplement, Comment ça va ?

N : Eh bien écoute, plutôt bien, on ne manque pas de dates ! Bon, le temps pourrait faire un petit effort ça serait pas mal pour cet été, mais en dehors de ça on joue quasiment 6 jours sur 7, pour l’instant il n’y a pas trop de mauvaises soirées, y’a un peu de vagues, un peu de monde, on passe un bon été.

On a été surpris de voir autant de tracks réalisés par Black Jersey en si peu de temps (3 ans), Bravo ! Profil Bass valide !

N : Merci, On aurait même pu avoir une exclu à proposer, mais on a eu un petit problème, donc malheureusement, il va falloir attendre la fin de l’été !

Votre projet est axé autour du style House. Accordez-vous de l’importance aux sous-genres G-house, Future-House, Deep-House etc.

N : le projet et vraiment house avant tout, avec les styles alentours. Pendant nos sets, on joue deep-house, G-house ou Bass-house mais aussi bien de l’Uk Garage ou house pure et dure, du coup c’est vraiment le mot « house » au sens large, regroupant tous les styles. G house, c’est de là qu’on est parti à la base. Mais pendant nos sets, on joue toute la house.

Y a-t-il un mouvement particulier G-House ?

N : Le mouvement pour moi, je pense que ça reste de la house, c’est pour ça que ça s’appelle G-house, ce n’est pas pour rien.

R : ça fait partie des branches de certains styles prédominants qui viennent et vont comme ils sont arrivés ; comme la Trap, le Dubstep. Il n’y a pas 36 styles, les « vrais styles » c’est la House, la Techno, Drum & Bass, Jungle, et c’est tout. En dessous de ça, t’as la Techno-minimale, la G-House, etc…

black-jersey-garorock

Comment vous êtes-vous rencontrés et quelle était l’idée première du projet Black Jersey ?

R : On n’en avait pas vraiment !

N : Oui enfait il n’y avait pas vraiment d’idée à la base. On s’est rencontré parce qu’à l’époque, j’étais programmateur d’un bar à Bordeaux (Les Coulisses) et le premier Dj que j’ai booké c’est Romain, que je suivais parce qu’il était un Dj important de la scène Bordelaise. De cette rencontre, on est resté amis et cela fait maintenant 5-6 ans qu’on mixe ensemble. A la fin du dernier projet important de Romain, on a monté Black Jersey pour continuer de faire du son ensemble et de manière plus concrète.

R : On voulait rendre ça « Officiel » !

N : Avant, c’était vraiment « Clarks & Jared », on mixait de la deep jusqu’à la drum & bass, sans forcément faire de collaboration musicale. Et enfait on s’y est mis, on a monté le projet Black Jersey à la fin de l’été 2014

Ça se passe comment en Studio ? Qui fait quoi ?

N : Pour ma part, je devais déjà combler mon retard parce que j’ai commencé la prod bien après Romain, mais si bien qu’aujourd’hui on arrive à collaborer. Après, avec nos activités l’hiver, ce n’est pas toujours très simple de se voir, mais disons qu’on bosse aussi bien à tout faire ensemble, que chacun de notre côté et se réunir pour construire le truc à deux après.

R : Enfait, même si on n’est pas l’un à côté de l’autre, parfois Nico va commencer des projets, me les envoyer et je vais re-bidouiller, lui renvoyer, etc. On arrive à s’échanger des trucs comme ça et à les faire évoluer.

N : Rien ne sort sans l’aval de l’autre, c’est vraiment de la collaboration.

Vous procédez d’une manière particulière pour composer ?

R : Il n’y pas vraiment de règles, parfois on va partir d’un break et en fonction du break vers un drop, parfois on va faire le drop et construire le break derrière… ça dépend de l’inspiration que tu as sur le moment, de ce qui te vient, des éléments que tu vas avoir. Peut-être que tu vas kiffer un vocal et que tu vas construire autour ou alors un preset d’un synthé et partant de là tu vas chercher à faire quelque chose avec. Je ne pense pas qu’il y a de process, de façon vraiment carrée, chacun fait comme il veut, comme il a envie de sentir son truc et de faire évoluer sa track. Après moi je bossais tout seul avant, et maintenant bosser à deux c’est intéressant, même si c’est un frein parfois, ça permet aussi d’aller deux fois plus vite quand tu manques d’idées.

N : Quand l’un manque d’inspiration, l’autre peut en avoir et vice-versa. Quand tu es bloqué, l’autre peut aussi avoir l’idée qui va déclencher le reste.

En parlant de collaborations, vous avez réalisé une track avec les américains Blak Trash ?

N : Oui, c’était très simple en définitive, ils nous ont contacté via Soundcloud pour nous proposer de poser des lyrics sur un son G-House et il se trouve qu’à ce moment-là on avait un morceau qu’on venait de finir, on leur a proposé et ils ont accepté. Par contre, c’était impossible pour nous d’aller en studio aux States à ce moment précis, on a préféré poser et travailler un sample de leur voix. Ils nous ont ensuite sortis sur le label américain MOVE IT! RECORDS. C’est vrai qu’avec internet ça peut aller très vite maintenant.

Black Jersey peut-il évoluer dans d’autres genres musicaux ?

N : Romain me rectifiera si je me trompe, mais on veut rester dans l’univers de la House. On pourrait suivre des mouvements qui seraient plus sur ce qui se fait sur les scènes d’Elrow, pas complètent Tech-House mais qui reste résolument house comme Solardo , Latmun, Detlef ou Cuartero, des mecs comme ça qui sont une grande source d’inspiration, aussi bien dans nos sets que nos productions.

R : Disons que c’est la tendance musicale sur laquelle on travaille. Des artistes comme Low steppa qu’on suit également, c’est un anglais qui est très influent sur ce qu’on fait, nos sets, …

Depuis vos réalisations chez Gold Digger, vous prenez un vrai tournant !

N : Oui Exactement, on avait fait un ep très Bassline, on avait un contact chez Château Bruyant (un très gros label français qui a notamment sorti Habstrakt, connu aujourd’hui sur les plus grandes scènes) et quand on a échangé, il nous a prévenu qu’il lançait Gold Digger, un sous-label House, G-House et Bass House. Je pense qu’on eut la chance de faire partie des premières signatures et cela a été un évènement très déclencheur pour nous, parce qu’il a beaucoup cru en nous, en nos projets et il nous a également permis d’être partagé sur des pages Soundcloud domiciliés aux US comme DeepSound et qui nous ont permis d’avoir des morceaux à plus de 100k plays. Il est vrai que Gold Digger a été une étape très importante pour Nous.

R : La collab avec JibFiz a été un vrai tremplin. On s’est retrouvé à Biscarosse, il jouait dans un endroit et nous dans un autre, puis on s’est callé au Studio et on a mis une nuit pour faire le track. Ça s’est fait naturellement c’est une track qui marche, qui est vraiment efficace.

N : On la joue encore de temps en temps. Ça marche beaucoup sur le dancefloor.

Vous préparez votre set avant de mixer ?

N : On ne se prépare pas. On a un bagage de sons, on sait qu’on va dans le même sens. On est avant tout Dj donc on arrive tous les deux à vite comprendre qui on a en face de nous et on essaie au maximum de jouer ce qui va marcher et ce qui va faire plaisir aux gens qui sont devant nous. Mais ça ne nous empêche pas de s’envoyer des surprises l’un à l’autre.  Le mix n’est pas une science exacte, mais dans l’idée, on ne vient jamais avec un set tout prêt parce qu’on veut justement avoir la possibilité de changer totalement notre axe et de pouvoir proposer ce qui va marcher.

R : Je pense que le meilleur moyen de se planter c’est d’arriver avec un set tout prêt. Si tu fais ça en Dj Set, tu n’as pas de marche de manœuvre, t’as mis 15 track dans une clef et puis voilà. Après je ne parle pas du côté live, ça c’est autre chose. Disons que depuis que je produis, je n’ai jamais fait de live car le Dj set me donne une possibilité d’évasion dans le son complètement incroyable, tu peux partir de la Deep et finir à la Drum, t’éloigner vers des univers différents alors que tu ne joues pas forcément ce style ou que tu ne produis pas ce genre de sons. Un exemple simple, l’hiver dernier on a fait la première partie de Feder pour le GaroSnow. On s’était un peu bridé sur notre set, parce qu’on s’était dit « Feder c’est de la Deep, c’est très tranquille ». On avait joué G-House mais pas trop violent et au final le mec a fait un set d’une heure où il a joué de la Trap, du Glitch-hop, plein de choses différentes ! C’était assez hallucinant de voir ça. C’est un vrai artiste, un vrai DJ, il fait ses prods Deep mais ça ne veut pas dire qu’il va jouer une heure Deep à son public. On s’est dit qu’on aurait dû envoyer ce qu’on voulait envoyer.

N : D’où l’importance d’avoir plein de choses et de pouvoir s’adapter peu importe la situation. La House ça peut vouloir dire plein de choses, nous on aime aussi plein de choses, donc il faut pouvoir encore une fois répondre aux attentes des gens. On est là pour diffuser de la musique, pour que les gens s’éclatent. Plus ils s’éclatent, plus on prend notre pied derrière les platines.

Avec qui rêvez-vous de collaborer ?

N : Je dirais LowSteppa, c’est en commun.

R : Lowsteppa c’est sûr !

N : Même si on est sur un axe plus à la Elrow, c’est vrai que je dis pas non pour une collab avec JauzHabstrakt , des mecs comme ça, ce serait assez canon.

R : pour le côté à l’ancienne, des gars comme Carl Cox, Amine Edge & Dance

N : C’est peut être grâce à ces mecs là qu’on a voulu se lancer là-dedans. Amine Edge ça reste des « gros mentors » pour nous et une collab avec eux ce serait une chose vraiment cool. On a eu l’occasion de les rencontrer à Garorock et ce sont des mecs super accessibles. Ils ont déjà décollé, leur carrière est faite, mais ils ont beaucoup fait pour la musique House actuelle.

C’est quoi la question jamais posée qui mériterait une réponse ?

N : C’est pas facile ça… je sais pas, le club ou le festival où on rêverait de jouer ?

Vous rêvez de jouer quelque part en particulier ?

N : Et là aussi c’est pas facile…

R : Le club n’existe plus mais ça aurait été le Space à Ibiza. Et le festival forcément, Tomorrowland. Si on a la chance de faire la Mainstage on la fait, mais il y a plein d’autres petites scènes qui sont intéressantes à Tomorrowland et qui cartonnent !

Quels sont les personnes qui vous apportent leur soutien ?

N : Nico de Gold Digger, il nous a beaucoup aidés, il nous a fait confiance au moment de lancer son Label et les premières signatures ça reste un moment important. Après, de manière personnelle, je mentionnerai Romain tout simplement. Romain m’a lancé dans la musique et il fait partie des personnes qui m’ont donné envie de mixer, qui m’ont beaucoup apporté.

R : Sinon à l’heure actuelle je dirai Sacha et Richard qui tiennent le Redgate.

R : Tous les gens qui nous font travailler, chacun à leur échelle, ils nous aident, ils nous font confiance. Ludovick du Garorock, qui nous a beaucoup fait jouer, qui croit en notre projet.

R : Plus anciennement pour ma part, Tom Deluxx , ancien résident du 4 sans. C’est le premier mec qui m’a dit de venir passer deux jours en studio pour me montrer comment fonctionne Ableton parce qu’avant j’étais sur Fruity Loops. Il m’a filé un coup de main assez incroyable. Il y a aussi l’une des personnes qui m’a permis de jouer au 4 sans à Bordeaux et obtenir le peu de carrière que j’ai eu à Bordeaux c’est Lionel du local record, qui nous avait donné une première chance à l’Heretic aux soirées électro.

Préférences DAW, VST ?

N : Ableton

R : Serum & Massive

Qu’est-ce que Profil Bass peut vous souhaiter pour la suite ?

R : Que ça cartonne !

N : Que ça continue d’évoluer, et qu’il fasse beau cet été ce serait pas mal !

R : On veut pas être pessimistes, on a déjà fait une partie de la saison mais pour la fin ça serait bien !

 

Profil Bass remercie Romain & Nicolas de nous avoir accordé cet entretien.

Retrouver & Ecouter Black Jersey

Venez rencontrer leur musique en Dj set : www.bandsintown.com/BlackJersey

Retrouvez l’Exclusif Mix réalisé par Black Jersey pour Profil Bass et ses lecteurs.

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