Histoire de la dubstep music (partie 3 /4 )

Cette troisième partie se concentre sur le développement national puis international de la music dubstep, notemment aux Etats-Unis qui ce sont rapidement appropriés le genre.

Développement National et International de la dubstep music (2004-2011)

La dubstep music captive Londres puis tout le Royaume-Uni

Grâce à l’attraction des soirées FWD>> et DMZ, la diffusion grâce à Rinse FM, l’émergence des nouveaux labels, le nouveau style dubstep music se développe rapidement à Londres, puis dans le Royaume-Uni.

Le métissage du dubstep lui donne une plus grande visibilité : il bénéficie à présent d’un support très dynamique de la scène grime, probablement à son apogée, depuis les années 2000.

Grâce au label Rephlex, fondé par Richard David James en 2001, qui n’est autre que le célèbre Aphex Twin (aka AFX), Le Crew DMZ fait paraître deux compilations dubstep music appelée Grime et Grime-2.

Aphex Twin possède un répertoire de titres incroyable, appartenant au genre de l’IDM (intelligence dance music), allant du drill’n’bass au breakcore. Il sort ses premières tracks IDM dès 1991 sur Rephlex. La dubstep possède un lien de parenté avec l’IDM, de par son univers, son atmosphère ou sa complexité à le décrire musicalement. Ce lien de parenté prend sens avec une invitation de Skrillex à écouter une des track d’AFX.

L’Intelligence dance music est un genre extrêmement diversifié mais étonnement proche du dubstep music. « Flim » d’AFX (apparemment LA musique « préférée » de Skrillex) se rapproche étonnament de « Leaving » de Skrillex, moins dubstep et plus experimentale. D’autres parrallèles peuvent être evidemment établis entre l’IDM et la music dubstep.

Grâce à Rephlex, certaines compilations du crew DMZ permettent au dubstep d’attirer l’attention de la presse Anglaise, qui le décrit maladroitement sous le nom de « sublow », « 8bar » et « eskibeat » et le confond parfois avec le grime, dans un premier temps. Grâce à l’apparition de nouveaux web sites comme dubstepforum ou Barefiles, permettant l’échange de fichiers, quelques blogs musicaux comme Pitchfork Media ou The Wire s’intéressent au phénomène dubstep music.

Les compilations dubstep de DMZ parviennent en 2004 jusqu’à John Peel, DJ à la BBC Radio 1, La première radio du royaume. Digital Mystikz, Plastician et Distance rentrent dans les charts du top 50 en 2004, succès du dubstep music.

Grâce au DJ Mary Anne Hobbs sur BBC Radio 1, le dubstep s’invite sur le Breezeblock show et pendant 2h, une grande partie du crew se livre à un mix sans ménage.

« we did Dubstep Warz on the BBC for Mary Anne Hobbs – that was the first showcase on the BBC for this kind of sound, and that felt like a kinda stepping stone. »

– Mala

Mary Anne Hobbs a contribué à la popularité du dubstep à travers la BBC Radio 1 avec le slogan « come meditate on bass weight ».

La scène dubstep music s’invite à New-York

Dave Quintiliani, le dj nommé « Dave Q » de Brooklyn fait un voyage à Londres en 2001 pour la première fois. Il se rend à une soirée « Movement » proposée par le dj-producteur Bryan Gee au club Mass (qui accueillera plus tard les soirées DMZ).

Dave Q découvre par hasard les premières soirées dubstep music et rencontre la culture sound-system de Brixton :

« J’ai pénétré dans ce monde dont je ne connaissais rien et cela m’a profondément touché. Si ce n’était pas pour cela, tout ce qui est arrivé après ne serait probablement pas arrivé. » Dave-Q

Dave Q parvient à se fournir en vinyles à Londres grâce aux conseils de Kode9 via le forum de duplate.net. Il fait, à ce moment-là, partie d’une poignée de Nord-Américains sur le forum aux côtés de Joe Nice, un DJ de Baltimore.

Joe Nice, du Maryland, est l’un des premiers dj à porter le dubstep dans les clubs de New York. C’est grâce au festival Starscape 2002 à Baltimore un festival dédié aux musiques électroniques, que les nouvelles compositions dubstep music sont écoutées pour la première fois outre-Atlantique. On retrouve Bryan Gee aux platines et comme pour Dave-Q, cette découverte est révélatrice pour Joe Nice qui décrit un amour passionnel pour cette nouvelle vibe dubstep :

« C’était incroyable. Je n’avais jamais entendu ce son en dehors de ma chambre à coucher, et j’étais l’un des rares qui savaient exactement ce qui se passait dans la foule. […] Nous [Joe & Dubstep] sommes allés sur un très long rendez-vous, et j’ai décidé que je la laisserai passer la nuit. Mais elle n’est jamais partie. »

– Joe Nice, the Dubstep Ambassador

Dave-Q multiplie les échanges avec les londoniens (principalement Kode9, dont il s’inspire) et parvient à rencontrer Joe Nice et Benny Ill (Horsepower production).

« Tout est venu d’un coup, pour moi. C’était musical mais aussi philosophique. [le dubstep] a capturé l’essence de ce qui m’a attiré au son. Depuis le 11 septembre, il y avait eu une absence de profondeur et de sentiment. DMZ était un peu politique d’une manière non politique c’est-à-dire subversive, intelligente, toutes ces choses qui avaient été absentes de la musique pour moi pendant beaucoup d’années. » Dave-Q

Joe Nice crée l’avant-gardiste Dub War Club Night en Juin 2005 à Brooklyn, premier club dubstep music à New York, et réalise de nombreuses soirées dubstep grâce au MC Juakali et le producteur Dave-Q. Le nom « Dub War » est un clin d’œil à un projet des Horsepower Productions, du même nom.

Mala voyage jusqu’à New York et devient le second « guest dj », après Kode9, lors d’une soirée où il jouera avec le MC Jammer, Skepta et le rappeur grime D double E. Hatcha, Skream, Loefah, Youngsta et le journaliste Martin Clark seront évidemment invités au Dub War et contribuent alors à sa popularité.

Dave-Q participe aux soirées DMZ et Joe Nice aux soirées FWD et à une invitation à la BBC radio 1 par J Da Flex, proche collaborateur du précurseur Ei-B.

A partir de ce moment, Joe Nice se décrit comme « the America’s Dubstep Ambassador » et intègre les tracks de DMZ dès ses premiers mixs en 2005. Joe Nice sera le dernier dj des soirées DMZ au Mass club, dans la « third base ».

« We were listening to Horsepower Productions tracks and one of their side projects was called « Dub War ». That name stuck. »

« Dubstep was created by the people for the people. Dubstep is the music that came from differents spaces, genres and it’s form together magically and everybody loves it. »

– Joe Nice

La pop et le Rap/RnB s’emparent du genre dubstep music

Britney Spears réalise son album « Blackout » en 2007 mais aussi surprenant soit-il, elle collabore avec Rusko, un artiste anglais déjà réputé en 2005, reconnu par le crew DMZ et associé au créateur des labels Dub Police & Dub Soldiers, le DJ Caspa. On peut entendre un très sérieux wobble dubstep sur « Freakshow » de l’album de Britney, surprenant !

Rusko collaborera plus tard, à Los Angeles, avec Cypress Hill et Damian « Jr Gong » Marley. Le déjà célèbre duo Chase and Status travaille déjà avec Snoop Dog (un remix « millionaire » de la track Eastern Jam) et le producteur Jay-Z (DOA). Le duo Chase and Status apparaît trois fois sur l’album R Rated de la chanteuse Rihanna, qui a aussi travaillé avec Rusko. Le rappeur Xzibit posera aussi sur des playlist dubstep music de Plastician.

Mala joue au Sonar Festival de Barcelone en 2008 grâce au show case de la BBC Radio 1, aux côtés  de Mary Anne Hobbs et du Dj Flying Lotus.

En 2009, Skream réalise deux remix de la track « In for the Kill » du groupe « La roux » sur leur premier album studio éponyme. L’album reçoit un succès monumental en Angleterre, d’où l’importance accordée à ces remix et permet à la dubstep music de se diffuser encore.

L’association d’Artwork, de Skream et Benga, sous le nom Magnetic Man atteint les top charts en 2010 : entrée dans le top 10 des meilleures ventes au Royaume-Uni grâce aux singles I need Air et Perfect Stranger avec la chanteuse Katy B (aussi produite par Benga)

En Avril 2011, Mala décide de voyager à la Havane, capitale de Cuba, accompagné par Gilles Peterson, Dj Influent (à tel point qu’il possède un personnage dans le jeu GTA) et connu pour ses nombreuses compilations à la BBC Radio 1, afin de produire un ep différent, « Mala in Cuba » comme aux sources de Digital MystikZ.

FIN PARTIE 3

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